Végétalisme et végétarisme : sept mythes déboulonnés

Quand on décide de manger davantage d’aliments végétaux, on s’imagine que les gens vous féliciteront. Après tout, pendant notre jeunesse, rien ne réjouissait plus nos parents que de nous voir manger nos légumes.

Hélas! Le monde ne réagit pas toujours bien au changement, y compris lorsqu’un de ses cohabitants modifie son alimentation. On peut sentir le regard désapprobateur des autres lorsqu’on ne mange pas la même chose qu’eux. Il suffit que vous mentionniez votre amour du seitan pour que quelqu’un profère l’un de ces mythes.

À vous de décider alors s’il faut dégonfler ces mythes sur-le-champ, ou tendre la branche d’olivier – et le bol de houmous qui plaît à tout le monde.

 

1. Il est moins sain d’exclure la viande ou les produits laitiers.

Voilà un mythe bien têtu. Les gens mentionnent leur oncle carnivore centenaire ou affirment que l’évolution qui nous a fait manger de la viande. Mais ce n’est pas parce qu’on peut manger de la viande qu’on doit nécessairement le faire. Chaque type d’alimentation a ses bienfaits et ses lacunes. Tout est une question d’équilibre. Une récente étude menée en Italie a conclu que les végétaliens et végétariens montrent un risque très réduit de cardiopathie ischémique et de cancer total, ce qui est plutôt bon signe, n’est-ce pas?

 

2. C’est plus dur de s’entraîner

Les gens associent les régimes sans viande à faiblesse physique, croyant faussement que la force nous vient de la viande. L’ex-hockeyeur Georges Laraque et la légende du tennis Martina Navratilova ne sont que deux exemples d’athlètes de haut niveau qui sont au sommet de leur forme quand ils s’abstiennent de manger de la viande. Les sportifs doivent tirer le maximum du « carburant » de leur nourriture, et en ce sens, les régimes sans viande font passer la qualité avant la quantité.

 

3. Les régimes sans viande ne conviennent pas aux femmes enceintes

Étant moi-même enceinte et végétarienne avec un excellent bilan sanguin, j’aurais cru que mon expérience personnelle suffirait à réfuter ce mythe. Mais les gens s’inquiètent tout de même, comme si seule la viande pouvait faire croître un humain. L’Academy of Nutrition and Dietetics recommande la précaution avec le fer et la vitamine B12; toutefois, il peut y avoir des carences dans tout régime, et la plupart des vitamines prénatales les comblent.

 

4. Tu auras des carences en protéines, en vitamine B12, en fer, en calcium, etc.

Les mythes entourant les protéines sont nombreux (en passant, il y en a dans presque tout!). Suivre un régime parfaitement équilibré nécessite minutie et planification. On ne peut pas manger la même chose tous les jours, même ce qui a été consacré « superaliment » (allo, chou frisé!). Certains poissons ne contiennent pas d’oméga-3, et des aliments de source végétale débordent de B12, comme la levure alimentaire. On ne peut pas savoir ce qui manque à une personne sans la suivre comme un chien de poche – ou en photographiant tout ce qu’elle ingère, ce qui n’est vraiment pas nécessaire.

 

5. Ça coûte une fortune.

Une multitude de ressources (dont le blogue végétalien et la chaîne YouTube Sweet Potato Soul) proposent des repas végétaliens nutritifs à moins de 1,50 $ par portion. Essayez les pois chiches à l’orange et au gingembre. Allez, vous m’en reparlerez.

 

6. Tu n’auras pas beaucoup de choix.

Un latte au matcha vert. Une rôtie à l’avocat parsemée de graines de chia avec un filet de sauce piquante. Une galette à la pêche avec crème de coco fouettée. Du tofu brouillé. Et ça, c’est seulementpour le déjeuner! Vous trouverez partout des façons créatives de manger sans viande, et les médias sociaux en regorgent. Des petits plats comme des brownies aux haricots noirs ou des meringues à l’aquafaba ne sont plus des bizarreries, ce sont des régals! Il existe encore bien d’autres recettes végétaliennes et végétariennes « approuvées par les carnivores ».

 

7. Tu vas devoir te priver.

Adios nachos. Adieu hamburger bien juteux. Pour l’avoir vécu, je peux vous assurer que moins on succombe à ces « envies », et moins on en a envie. Sans compter que vous aurez tant à dévorer – salade de pâtes de riz, champignons à la bolognaise et patates douces farcies – que vous ne vous en rendrez pas compte. Tous les goûts sont dans la nature.

On évite généralement la religion et la politique comme première conversation. Ne mettons pas l’alimentation dans le même panier, en s’énervant ou en étant dogmatique. Je suis végétarienne, tu manges de la viande… on ne va pas en faire tout un plat…

Articles connexes