David Suzuki lutte pour l’environnement… et pour vous!

David Suzuki a consacré sa vie aux actions qui laissent la terre dans un meilleur état qu’elle ne l’était au départ. Ce faisant, il a inspiré des millions de Canadiens à le suivre dans cette voie. Scientifique, environnementaliste et communicateur primé, il véhicule son message de durabilité de toutes les manières possibles. Notre société est aux prises avec de nombreuses difficultés, des changements climatiques à la pollution en passant par la rareté des ressources hydriques, dont une grande partie relève de notre alimentation et de nos choix quotidiens.

Ardent avocat du changement au Canada et ailleurs dans le monde, M. Suzuki a travaillé sans relâche pour faire en sorte que sa vision de l’avenir devienne un jour réalité. L’automne dernier, il a effectué une tournée pancanadienne pour marquer le lancement de bleuTerre, un mouvement qui vise à inscrire le droit à un environnement sain dans la Charte des droits et libertés. Joignons nos voix à celle de David Suzuki pour défendre les gens et les lieux que nous aimons, et lutter pour un avenir durable.

 

Vous avez déclaré avoir l’impression que vous et les autres activistes qui défendez l’environnement depuis 40 ans avez échoué. Pourquoi dites-vous cela, et qu’est-ce qu’il faudra à la prochaine génération de leaders du mouvement biologique pour réussir?

Au cœur du défi environnemental réside notre perception de la place de l’homme dans le monde. Si nous avons l’impression d’être maîtres du monde et de pouvoir en disposer comme nous l’entendons, nous continuerons de créer une série incessante de problèmes. Les victoires environnementales que nous avons célébrées il y a 30 ou 35 ans se sont avérées illusoires, puisque nous luttons aujourd’hui contre les mêmes problèmes, simplement parce que nous n’avons rien changé au cadre perceptif à travers lequel nous regardons le monde.

Nous sommes des créatures biologiques, aussi fondamentalement dépendantes de l’air pur, de l’eau propre, d’un sol et d’aliments sains, de la photosynthèse et de la biodiversité que n’importe quel autre organisme. Il suffit de le comprendre pour changer radicalement notre comportement, de façon à assurer notre survie et notre bien-être. L’alimentation biologique est un mouvement essentiel à la transformation de notre relation avec la biosphère.

 

Que conseillez-vous aux personnes qui veulent faire des choix qui auront une incidence favorables sur l’environnement, comme celui de manger des aliments biologiques?

Chaque personne peut facilement réduire son empreinte écologique de différentes façons. Pour commencer, je suggère d’examiner nos habitudes de consommation, en nous demandant « quelle est l’incidence écologique et sociale de ce produit? Est-ce que j’en ai réellement besoin? Que deviendra-t-il quand j’en aurai fini? » Je regarderais d’abord du côté des transports et des déchets : c’est là que la plupart d’entre nous pouvons faire notre part. Marchez, pédalez ou prenez les transports en commun au lieu de votre voiture, et recyclez, compostez et réduisez votre production de déchets.

Outre notre contribution personnelle, certains changements majeurs s’imposent : davantage de transports en commun, un prix rattaché aux émissions de carbone, des mesures incitatives qui favorisent l’adoption des énergies renouvelables, etc. Pour cela, nos actions doivent prendre un caractère plus politique. Il ne suffit pas de voter. Il faut participer à des réunions et soulever la question de l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants, qui font trop rarement partie des priorités politiques.

 

Comment entrevoyez-vous l’avenir de la nourriture?

La plupart des Canadiens vivent dans une grande ville. Le système alimentaire actuel, fondé sur la production de masse peu coûteuse et le transport, eux-mêmes basés sur le pétrole, n’est tout simplement pas durable. Le mouvement de l’agriculture urbaine me fascine parce qu’il est local, souvent biologique et porté par les jeunes. Je crois que l’époque des fruits et légumes livrés d’un bout à l’autre de la planète tire à sa fin. Nous mangerons beaucoup plus de produits locaux, biologiques et saisonniers. Nous ferons beaucoup plus de conserves. Comme se souvient mon ami Jeff Rubin, l’économiste, « en hiver, quand nous voulions manger des fruits ou des légumes, nous allions choisir dans le rayon des conserves. »

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